La valeur verte : un facteur déterminant en immobilier résidentiel et d’entreprise

1. Le constat des notaires en résidentiel

Les notaires observent depuis plusieurs années une variation sensible du prix de vente des logements en fonction de leur performance énergétique (DPE).

Un exemple concret : dans un même secteur, trois maisons comparables sont vendues, mais chacune présente une étiquette énergétique différente :

  • Une maison classée C sert de référence : prix = X.
  • Une maison classée A se valorise jusqu’a +15 % (prime verte).
  • Une maison classée D subit une décote pouvant atteindre –20 % (décote brune).


Ainsi, l’impact des économies d’énergie futures devient un argument majeur dans la détermination de la valeur d’un bien, au même titre que son emplacement, son état ou sa surface.

2. Une tendance qui gagne l’immobilier d’entreprise

Ce phénomène ne se limite pas au résidentiel : en immobilier d’entreprise, la valeur verte devient également un critère décisif.

Avant 2020, le DPE était souvent négligé dans les transactions ou les arbitrages.

Aujourd’hui, les professionnels du secteur confirment que la performance énergétique influence directement la valeur vénale et locative des actifs.
Un immeuble performant attire plus facilement les investisseurs et les utilisateurs, alors qu’un immeuble énergivore risque de voir son rendement corrigé par une décote.

3. Le rôle du Décret tertiaire : accélérateur de la transition

Le Décret tertiaire (loi ELAN – 2019) illustre ce mouvement.

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037639478
https://berrys.fr/le-decret-tertiaire/

Il impose aux immeubles tertiaires de plus de 1 000 m²une réduction progressive des consommations énergétiques :

  • –40 % d’ici 2030
  • –50 % d’ici 2040
  • –60 % d’ici 2050


Ce cadre réglementaire oblige les propriétaires à programmer des travaux de rénovation énergétique, sous peine de voir leur actif perdre en valeur.

Pour les immeubles non concernés par le décret, la pression vient désormais du marché : acquéreurs et locataires sont de plus en plus attentifs aux performances énergétiques, conscients que les charges d’exploitation conditionnent directement la compétitivité de leur entreprise.

4. Une mutation portée par la hausse des coûts énergétiques

Cette évolution s’explique en grande partie par l’augmentation significative des prix de l’énergie depuis 2022.

Les coûts de chauffage, de climatisation et d’électricité représentent aujourd’hui un enjeu économique majeur pour les entreprises.

Ainsi, la valeur verte n’est plus seulement une question environnementale ou réglementaire : elle devient un critère financier stratégique, influençant directement la valeur patrimoniale et la rentabilité des biens immobiliers.

Conclusion

Qu’il s’agisse de logements ou d’immeubles tertiaires, la valeur verte s’impose désormais comme un facteur de valorisation incontournable. Elle traduit la convergence entre enjeux environnementaux, contraintes réglementaires et réalité économique.

Demain, la performance énergétique pourrait devenir aussi déterminante que l’emplacement dans l’évaluation d’un bien.